Cher Bernard

Un soir de décembre 2016.

 Comp parme 19 decembre_02432

Cher Bernard, 

 

Ma dernière lettre remonte à six ans. C’était un mois après notre première rencontre,à Rétro-Actif. Un temps dissolu.

Aujourd’hui, je t’écris pour t’annoncer une nouvelle importante.
Le mixage de la lucarne des rêves est fixé, pour de bon. Le film est là.
Il ne reste plus qu’à lancer une épopée d’exports pour être prêts à diffuser.
C’est inutile de te raconter le chemin parcouru.
J’ai la vive sensation que tu sais tout cela.

En 2013, ton corps physique est mort.
J’ai compris maintenant, tes transmissions sont éternelles.
Tu n’as cessé de m’accompagner, ces six dernières années.
Parfois je t’ai appelé à la rescousse.
Monsieur Bernard Parmegiani, dis-moi, est-ce juste ?

Est-ce bien toi, ton oeil lucide, que j’ai capté ?

Suis-je sur la bonne voie ?

Es-tu heureux de la tournure de La Lucarne des Rêves ?

Je te revois il y a six ans, avec ma première note d’intention entre tes mains.
Nous étions assis dehors, à la terrasse d’un bar. Tu commentais chaque ligne. 
Je te roulais une cigarette à ta demande.Tu as continuer de commenter joyeusement. Je t’ai roulé une deuxième cigarette, puis une troisième. Autour de nous il y a avait un brouhaha fou, entre la circulation et le bar animé de la Gaîté Lyrique, ambiance fin de concert. Pourtant, je me souviens t’entendre très distinctement, comme si tu portais une parabole.

Tu m’avais reçu avec simplicité. J’avais vu dans tes yeux une lueur étoilée.
Ma présence répondait à une problématique qui t’habitait.
Ton regard souriant répondait positivement à ma joie d’être là, avec toi, dans cette situation. Tu m’as donné envie de faire au-delà de ma zone de confort,
de donner mes tripes dans cette aventure. 
Et soyons franc, à chaque fois que tu sortais ton agenda pour noter un prochain tournage, j’ai bien compris que je n’avais pas le choix.

Je t’avais promis d’être là, avec de sérieuses propositions et de mener le film à bien.

Ces dernières années, j’ai prêté l’oreille à tes murmures, des “Stop ! Où vas-tu ?”
aux “Continues, aies-confiance en toi, que cherches-tu à faire ?

Tu m’as donné la force pour continuer jusqu’au bout, au delà des épreuves. Dans la joie, ton regard malicieux est là, ta présence chaleureuse est là. Avec toi, j’ai la foi. 

Le film est bientôt fini. Je suis fatiguée et heureuse.

Bien à toi

Cendrine