L'œil de Claire #4

Un week-end est passé par là, amenant bravement avec lui son paradoxe : marquant à la fois la fin, celle de la première semaine, et le retour, celui d’une nouvelle période de travail, j’arrivais à Périphérie bercée dans cet entre-deux, accompagnée par les images de la semaine précédente, et dans l’attente de découvrir celles qui immanquablement suivraient.

On ne revient pas, pas encore, sur les séquences de la semaine d’avant. Il faut avancer, sans les oublier. Être à la fois âgée et nouveau-né.

Le travail de monteur prend appui sur les répétitions ; séquence après séquence, retour de leit motiv, personnages ; et les variations ; situations et expressions, l’humain se décline au gré des plans et emporte le film.

Les fragments se travaillent, se heurtent, s’animent dans une synergie ou un contrepoint. Recherche constante du rythme qui sied, justesse des associations et des ruptures.

Le montage est embrassé dans la toile du temps, le domine et s’y soumet. Je suis frappée par la manière dont il se décline et s’entremêle à cette période de gestation qu’est le montage. La durée d’un plan, d’une séquence, n’est qu’un versant de son emprise sur le domaine : les échéances objectives du temps de montage cohabitent avec le temps que les plans ont sauvé de la sempiternelle fuite.

Répétitions et variations.

Période fascinante que celle du montage, à la fois complète et tronquée : la matière prend forme, les rythmes s’ajustent et ce qui échappe à l’histoire disparaît. Plus d’autre contexte, seulement le film qui avance.

Au montage, le passé trouve un nouveau présent.